74
COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
ici abstraction des frais que la montre a dû subir pour êtretransportée de la capitale de la France dans celle duMexique. Des causes plus artificielles, telles que les loisde douane qui établiraient des taxes sur la sortie des mé-taux précieux, ou des règlements sur les monnaies, en vertudesquels seraient prélevés des droits sur les métaux à mon-nayer, peuvent aussi modifier les prix dans une certainemesure, et les faire varier d’un État à un autre.
Le terme de prix courant, fort en usage dans le langageordinaire, comme dans celui de la science économique, si-gnifie le prix tel qu’il est réglé sur le marché, chaque jour,à chaque instant.
On trouve, dans les traités d’Économie politique, leterme d e prix naturel, par opposition au prix courant; ondit aussi, dans le même sens, prix originaire. Par là, onentend le montant des frais de production, le prix quiserait attribué aux choses, si l’on n’envisageait que lescirconstances particulières à l’acte de la production, etsi l’on faisait abstraction des effets que provoquent l’éten-due et l’énergie, petites ou grandes, de la demande d’uncôté, de l’offre de l’autre. Selon l’observation de Ri-cardo,pour la plupart des produits, le prix courant tend,d’une manière permanente, à se rapprocher du prixnaturel et à se confondre avec lui (1). Par rapport au prixnaturel, le prix courant est comme un corps en mouve-ment sous l’impulsion d’une force centrifuge sans cessecontenue, dans ses écarts, par une force centripète. Lors-qu’une industrie est déjà passablement ancienne dans unpays, que l’on y a du capital disponible, et que, à lafaveur de ce capital, les entrepreneurs ont pu se faire
(I) H s’agit ici du prix courant en gros, le seul qui soit consigné surles relevés des marchés. Le prix du détail est notablement plus élevé;quelquefois la différence est du simple au double, et môme plus forteencore.