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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE III.

dont on fait la monnaie, ou, en d’autres termes, c’est lenombre d’unités monétaires qu’il faut donner pour enavoir une quantité déterminée. Mais si l’objet qu’on envi-sage est le métal qui constitue essentiellement la mon-naie, la baisse de valeur se révèle tout autrement; cen’est pas son prix qui varie : celui-ci reste absolument lemême. La variation porte sur le prix de toutes les autresmarchandises, sans exception : ce prix monte, si la valeurdu métal dont est la monnaie a descendu ; il descend, sielle a monté. Quant à lui, la raison pour laquelle son prixne bouge pas, c’est que, pour lui spécialement et exclusive-ment, le prix est sa valeur rapportée à lui-même. Suppo-sons que la valeur de l’argent baisse de moitié ,du momentqu’en France l’unité monétaire consiste en 4 grammes V 2d’argent (1), le kilogramme du métal supposé fin ne ces-sera pas de valoir 222 fr. 22, sauf la petite déduction quirépond aux frais de monnayage, parce que le nombre defois qu’un kilogramme contient 4 grammes V 2 est exac-tement exprimé par le nombre 222,22. Dans le mêmecas, le prix du plomb, du fer, du blé ou du vin doublera,parce que, pour obtenir une quantité égale des mêmesarticles, on devra désormais, toutes choses égales d’ail-leurs, donner un poids double d’argent.

CHAPITRE III

De la possibilité d'un grand écart entre la valeur de la monnaie et celle desmétaux précieux.

C’est une règle aisée à comprendre, et que nous avons

(1) Je parle ici d’argent absolument fin. Dans le cours de cet écrit,lorsqu’il s'agira d’argent allié à un autre métal, nous indiquerons la pro-portion de l'alliage ou le titre.