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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE 111. 80

compte par la plume du colonel Torrens lui-même.

Si la monnaie qui existait dans l’Australie avant l’ex-ploitation des mines d’or avait pu suffire au service destransactions après l’événement, la différence entre la va-leur des lingots et celle des espèces monnayées eût étébien moindre. Mais la quantité des transactions augmentatrès-rapidement : les prix de toute chose, et surtout lessalair esmontèrent dans une forte proportion ; il fallut doncbeaucoup plus de monnaie. La demande de monnaie étanttrcs-grande par rapport à l’offre, la valeur de la monnaies’éleva, et elle resta élevée parce que le courant des affairesn’en amenait pas dans le pays ce qu’il aurait fallu ; on nepouvait s’en procurer qu'en expédiant des lingots à Londrespour les y faire monnayer ou pour les vendre à la Banque.Jusque-là, entre Londres et l’Australie, le cours duchange était déterminé par les circonstances ordinai-res qui le fixent entre deux pays dont ni l’un ni l’autren’est producteur du métal précieux servant à faire lamonnaie : tant que le montant de la laine, du suif, ducuivre exportés de l’Australie en Angleterre était égal aumontant des produits britanniques expédiés en retour, lamasse des letlres-de-change que l’Australie avait à payeren Angleterre était égale à celle que l'Angleterre avait àpayer en Australie. Par cela même qu’il y avait ainsi ba-lance entre les comptes, les maisons de banque qui ache-taient en Australie les lettres-de-change sur l’Angleterrese contentaient d’une modique commission. Il en était demême dans l’autre sens : les billets de banque australiensse changeaient pareillement, moyennant une modiquecommission, contre des billets de la Banque d’Angleterreou contre ceux d’une autre banque des trois royaumes.

Il était rare qu’il y eût un parfait équilibre entre lesdeux masses de leltres-de-change dont je viens de parler :celles que l’Australie tirait sur l’Angleterre et celles de