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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

l’Angleterre sur l’Australie. Il y avait, tantôt d’un côté,tantôt de l’autre, une balance à payer en espèces métal-liques, c’est-à-dire en souverains. De là un change, tantôtfavorable, tantôt défavorable à la colonie ; le montant dece change était déterminé par les frais de transmission desespèces. La même cause réglait le cours des billets desbanques coloniales en billets de la métropole.

Du moment que l’extraction de l’or se fut dessinée enAustralie, il dut y avoir un courant constant d’or sortantde celte colonie pour se rendre en Angleterre. La valeurde l’or dut être, d’une manière permanente, moindre dansl’Australie que dans le Royaume-Uni, mais en soi, le faitn’eût pas été grave et n’eût causé aucune perturbation, sil’Australie eût possédé un hôtel-des-monnaies organisésur les mêmes principes que celui de Londres, c’est-à-direne percevant pas de seigneuriage et monnayant gratis. Maisen l’absence d’un hôtel-des-monnaies dans l’Australie,l’état des choses qui se produisit fut fort étrange. Le nu-méraire de l’Australie consistant en souverains provenantde la monnaie de Londres et en billets de banque échan-geables à vue contre les souverains, les banques colonialesse trouvèrent dans la nécessité de conserver dans leurscoffres une quantité de souverains qui pût suffire au paye-ment de leurs billets. L’état des choses créé par l’exploi-tation des mines d’or ayant rendu indispensable la présenced’une quantité beaucoup plus grande de numéraire, aussibien en billets qu’en espèces métalliques, les banquesdurent se procurer et maintenir dans leurs caisses un ap-provisionnement beaucoup plus grand en souverains, etelles ne pouvaient se le procurer qu’en exportant des lin-gots et en faisant venir des souverains à la place, doubleopération qui nécessairement absorbait beaucoup detemps. On eut donc, en présence l’un de l’autre, les deuxphénomènes suivants : d’un côté, sur le marché, une