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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

sans compter les droits de douane quand il y en a,reviennent communément assez cher. D’une de ces pé-riodes à l’autre, la valeur du blé varie et, dans l’ensem-ble, elle monte, ou du moins il existe un bon nombre defortes raisons pour qu’il en soit ainsi. Certes, dans un Étatqui prospère, l’avancement de l’agriculture, l’améliora-tion des moyens de transport, l’abondance des capitauxqui favorise puissamment le progrès des arts agricoles toutcomme celui des autres arts, peuvent compenser, à cha-que instant en partie, et pour de grands laps de temps entotalité, l’infériorité native, la situation excentrique, oules difficultés quelconques que présentent les fonds deterre qu’on met successivement en culture ; il se peut quece soit assez pour ralentir l’ascension du prix des grainsou même pour y substituer une marche descendante.Cependant, jusqu a notre époque, à peu près partout,les forces qui poussaient les prix dans le sens ascen-dant, sauf les variuiions accidentelles dues à l’inégalitédes saisons, se sont trouvées les plus puissantes. Les casdans lesquels lès forces qui tendaient à produire la baissel’ont emporté sont incomparablement les moins nom-breux, et c’est seulement dans les temps tout à fait mo-dernes, que le phénomène de leur victoire s’est présenté.L'exemple le plus remarquable qu’on en puisse citer, etqui est le plus récent, est celui de l’Angleterre. Depuis lagrande réforme commerciale exécutée avec une si loua-ble vigueur par le gouvernement de cette grande nation,l’agriculture nationale s’est inspirée de la situation où lelégislateur l’avait placée, dans l’intérêt des populations,et pour la satisfaction des principes. Elle a perfectionnéses procédés, non sans l’emploi d’un capital additionnelassez considérable, et le prix du blé dans la Grande-Bre-tagne reste notablement inférieur, toutes choses d’ail-leurs égales, à ce qu’il était avant l’année 1840, qui,