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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE II. 103

Pour combler le déficit, le principal moyen avait consistéà tirer du blé du dehors à tout prix, plus encore à rem-placer le blé dans l’alimentation des populations par le rizet par des farineux inférieurs. On estimait que, de cettemanière, on s’était procuré une ressource effective repré-sentant 5,267,000 hectolitres ou six fois le montant delàprivation proprement dite. En 1847, ce fut, non en dé-terminant les gens à moins manger, mais en leur facili-tant la substitution du maïs au blé, qu’on parvint, dans laGrande-Bretagne, à traverser cette année désastreuse (1).

En finale, la constance de la demande du blé, en touttemps et en tous lieux, pour une même population, estextrêmement contestable.

A l’égard de l’offre, c’est-à-dire des quantités qui sontmises à la disposition du consommateur et des conditionsdans lesquelles elles le sont, on peut, indépendammentdes accidents des saisons dont les effets sont si étendus,signaler entre autres causes de variation, celle qui ré-sulte d’une loi générale à laquelle se conforme, dans sesprogrès successifs, toute nation qui se développe. Consi-dérons un État civilisé dans son développement, à partird’un certain point où la population a acquis une certainedensité, où toute terre est, je ne dis pas labourée, maisoccupée, et où il y a eu déjà assez de capital consacré àl’agriculture pour qu’on défrichât et assainît passablementles bons fonds, qui souvent réclament plus de travaux queles terres médiocres. Cependant la population augmenteencore; il faut agrandir l’espace où se promène la char-rue. On ensemence donc des terres moins fertiles ou malsituées; et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’enfm, par nécessité,on ait recours aux blés étrangers qui, grevés de frais detransport considérables et d’autres charges commerciales,

(1) Tooke, Histoire des prix, t. I, p. 185.