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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE II.
porter inopinément et de loin de très-grandes masses.
C’est un fait d’observation qu’une diminution dans larécolte entraîne le plus souvent une élévation de prix horsde proportion avec le manquant. On a même calculé ap-proximativement, il y a certain nombre d’années, unetable destinée à montrer la progression ascendante quesuivent les prix à mesure que la récolte baisse, et elle esteffrayante (1). Mais les facilités très-grandes qu’a reçuesle transport des marchandises dans l’intérieur des Étatspar la construction des chemins de fer et le développe-ment des moyens maritimes eux-mêmes, joints à la libertédu commerce, ont notablement adouci les effets fâcheuxde la diminution des récoltes dans tel ou tel grand Étatisolé, tels qu’ils semblaient devoir être d'après cette table.
Supposons, au contraire, que la surabondance, soitgrande : comme la quantité de blé que la population ré-clame ne varie pas sensiblement dans un État d’une année àla suivante, on ne voit guère comment l’alimentation pu-blique absorberait l’excédant. L’exportation au dehorsn’était, jusqu’à ces derniers temps, que d’une médiocreressource pour bien des pays, parce que ce qui était bonmarché pour eux, une fois grossi des frais de transport,se changeait en cherté pour les autres. Sur ce point,
(I) Cette table, calculée par un écrivain anglais, Grégoire King, et re-produite par plusieurs auteurs, notamment par M. Tooke, History ofprices,l. I, p. 12, et par M.Porter, Progress of the nation, indique, àme-sure que la récolte baisse, dixième par dixième, une hausse probable de:
3 dixièmes pour 1 dixième de manquant.
8 dixièmes pour 2 dixièmes de manquant.
16 — — 3 —
28 — — 4 —
43 — — S —
C’est-à-dire qu’à un manquant de 3 dixièmes peut correspondre u nprix qui représente deux fois et 6 dixièmes le prix accoutumé, et qu e,lorsque la récolte tombe à moitié, le prix peut s’accroître dans le rappor tde 1 à 5 1/2,