LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE III.
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CHAPITRE III
Si le travail peut fournir une mesure invariable de la valeur.
« Le travail humain considéré en lui-même est invaria-« ble,» aditJVl. Germain Garnier (1). Suivant cet auteur,« ce que donne l’ouvrier qui travaille, le sacrifice qu’il« fait d’une portion de son temps, de ses forces, de sa li-ft berté, est le même dans toutes les circonstances. C’est« là une quantité certaine et constante, déterminée par« des lois naturelles, comme le cours des astres et la mar-
« che des saisons. Dans ce sens, le travail est la me-
« sure de la valeur. Si nous savons quelle quantité de tra-« vail une chose a pu payer ou commander à une époque« donnée et à une autre époque, nous savons quelle est« la valeur relative de cet objet aux deux époques diffé-« rentes. »
Respectons le sentiment qui a inspiré cette opinion :elle procède d’une généreuse sympathie pour l’hommequi travaille de ses mains ; mais ce n’est pas un motif pourqu'elle soit fondée. A quelque point de vue qu’on se place,le travail de l’homme n’est point un fait invariable.
A n’envisager que la force physique, elle varie d’unindividu à l’autre, elle change avec les races, avec les na-tions. L’Européen est plus fort que le sauvage; le char-pentier et le forgeron ont une puissance dynamique supé-rieure à celle du tisserand sédentaire. Certains ouvriersdes villes, qui se nourrissent passablement, sont capablesd’un bien plus grand effort que le laboureur de certaines
(I) Traduction d’Adam Smith.