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COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
contrées qui vit de châtaignes, de sarrasin, ou d’un painnoir de seigle ou d’avoine, sans jamais goûter de la viande,ni boire du vin. Dans la même localité, dans le même ate-lier, on chercherait vainement deux hommes qui fussentexactement de la même force, tout comme sur le plustouffu des chênes de Fontainebleau, que dis-je, dans tou-tes les forêts des quatre parties du monde, on s’applique-rait en vain à découvrir deux feuilles absolument pareilles.
L’adresse, qui est l’art de bien dépenser la force, et quia une si grande intluence sur l’effet du travail, est plusvariable encore peut-être. Dans les grandes villes, à Pariset à Londres, on trouve des ouvriers qu’une remarquabledextérité met à même de faire, dans un temps donné, dixfois l’ouvrage qu’exécutent ceux des pays arriérés. Aumoyen de ce qu’on appelle les tours de mains , certainsouvriers ont une très-grande supériorité sur leurs émulesdu même atelier.
Un degré de plus ou de moins dans la culture de l’es-prit change le pouvoir de l’homme qui travaille. Il n’estpas d’opération de l’industrie, quelque minime qu’ellesoit, où il n’y ait lieu d’appliquer avec profit un peud’intelligence.
La division du travail modifie, dans un rapport surpre-nant, la puissance effective des bras de l’homme. Avec ladivision du travail, un atelier de vingt hommes fera vingtou trente fois plus d’épingles que s’ils travaillaient isolé-ment. Dans une industrie extrêmement simple, celle dubriquetier, une bonne division du travail permet au Fla-mand de faire quatre ou cinq fois plus de besogne qu’unautre.
On connaît la fécondité que donne au travail humainl’emploi des machines, elle est prodigieuse (1). Ceux qui
(1) Voir à ce sujet le volume 1 de ce Cours, leçons 4, 5 et 6.