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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
laborieux et intelligents, mais il n’y a de capital que pouren faire travailler cinquante; ils supplient qu’on prenneleur travail au rabais, la valeur du travail baisse ; c’estManchester ou Lyon pendant une crise commerciale. Acent lieues de là, et à la même heure, voici encore centouvriers qui veulent du travail ; mais la besogne abonde,et on en occuperait facilement le double ou le triple : onse les arrache, la valeur du travail monte. De ces deuxgroupes de cent ouvriers chacun, le mieux payé pourrafort bien être le moins robuste et le moins habile.
Sans doute, comme l'a dit M. Germain Garnier dans lepassage que nous avons cité au commencement de ce cha-pitre, l’homme qui travaille, quel qu’il soit, donne unechose qui est la même dans tous les cas, ou qui peut sem-bler telle : il sacrifie, pendant le nombre d’heures quel’hygiène comporte et que l’usage consacre, sa liberté,l’exercice de toute la force que recèlent ses muscles,toute l’attention de son esprit, ou du moins il a promis dele faire, £t il est supposé, avec plus ou moins de justesse,tenir son engagement. Passons sur les différences queprésentent les hommes à cet égard, et admettons l’égalitédu sacrifice. Du point de vue moral, cette soumission dela personnalité humaine sera dès lors constamment sem-blable à elle-même, pourvu que les lois qui président autravail et qui déterminent les relations entre l’homme quitravaille et celui qui l’emploie soient identiques.
Mais si, en présence de ce fait, il y avait lieu d’affirmerqu’il y a dans le travail humain une valeur invariable, cene pourrait être que par rapport à l’ouvrier qui fournitce travail, en ce sens restreint qu’il s’imposerait le mêmeacte de soumission. Mais ici le mot de valeur est-il bien àsa place? et est-ce donc l’ouvrier qui fixe seul la valeur deson travail ? Le prix du travail, apparemment, résulte d’uncontrat débattu entre celui qui en fait l'apport et celui qui le