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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE III. 113

ne pas varier dans ses effets d’un individu au voisin, d’unelocalité et d’une nation à d’autres lieux et à d’autres peu-ples, d’une des époques par lesquelles passe la civilisationà un autre point de son pèlerinage.

En prenant des moyennes on peut espérer de lever ladifficulté, tant bien que mal, au moins pour certaines cir-conscriptions et pour certaines professions. C’est ainsique, dans les traités de mécanique et les recueils de tech-nologie, on est parvenu à dresser des tableaux qui indi-quent le travail qu’on doit attendre d’un homme danschacune des principales industries et d’où semble ressor-tir une sorte de type ou d’unité abstraite pour la journéede travail. Mais ce ne sont que des données approximativesqui, d’un climat à l’autre, comportent de notableschangements.

Admettons cependant que le travail de l’homme soitbeaucoup plus semblable à lui-même qu’il ne l’est eneffet. Accordons même, contre toute raison, qu’il soit in-variable. Tout ce qu’on aurait le droit d’en conclure, ceserait que le bras de l’homme est un parfait dynamomètre.Pour unité dynamique, au lieu de cet effort de conventionparfaitement défini que, dansles traités de Mécanique, onnomme la force d'un cheval (1), il sera permis de prendrela force d’un homme. Mais s’ensuivrait-il que la valeur dutravail fournît, pour la mesure des autres valeurs, unétalon absolu, comme le mètre pour les longueurs? Il estaisé de voir qu’il n’en est rien.

La valeur du travail, en effet, serait variable lors mêmeque la puissance du travail ne le serait pas. La valeur dutravail dépend, avant tout, du rapport entre l’offre et lademande. Voici cent ouvriers qui se présentent : ils sont

(1) On sait qu’on est convenu de désigner ainsi l’effort qui est nécessairepour élever, d’une manière régulière et continue, un poids de 75 kilo-grammes à une hauteur d’un mètre par seconde.

III.

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