Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
116
JPEG-Download
 

4 IG

COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.

ou de la Seine, et qu’il a une intelligence moins alerte;on peut expliquer ainsi, dans une certaine mesure, ladifférence des salaires. Mais-voici un Irlandais qui, dans sapatrie, recevait un salaire de deux schellings à peine. Cethomme passe les mers, et, un mois après avoir quitté sonîle, il est dans l’État de New-York. Là il en touche quatre;c’est pourtant la même paire de bras, la même intelli-gence, le même degré d’application.

Le travail du nègre, au moment où l’on vient de l’af-franchir précipitamment, ne vaut pas plus que la veillequand il était esclave; il vaut probablement moins, puis-que le noir émancipé ne veut plus travailler qu’un petitnombre d’heures. Cependant à la Jamaïque, à la Tri-nité, et dans les autres colonies anglaises, après l’émanci-pation des esclaves, les salaires qu’ont obtenus les noirsont été hors de proportion avec ce qu’ils avaient précé-demment. Les îles comme la Barbade, où le travail dunoir affranchi était le meilleur, ont été celles où la rétri-bution a été la moindre, c’est-à-dire où le travail a lemoins valu. C’est que le rapport entre l’offre et la de-mande a été plus favorable au noir de la Jamaïque et de laTrinité qu’à celui de la Barbade.

Sur ces entrefaites, on fait venir des ouvriers libres del’Inde ou de la Chine; c’est ce qu’on a pratiqué sur unegrande échelle à l’Ile de France, par exemple. A l’arrivéedes Coulis, le noir jusque-là indiscipliné se range;, il tra-vaille davantage; son travail a-t-il plus de valeur , end’autres termes est-il plus rétribué? Non, il Test moins. Lerapport entre l’offre et la demande le sert moins bien, fa-vorise moins ses prétentions.

Une opinion que l’Économie politique autorise et mo-tive, est celle qui représente l’esclavage comme devantdisparaître de certaines contrées qu’il afflige encore, in-dépendamment même de l’influence libérale qu’exerce