LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE I. 137
liage qui peut y être ajouté, et dont au surplus la loi déter-mine la proportion.
Ce serait si bien une erreur de confondre les deux at-tributs de monnaie légale et d’étalon, qu’il est possibled’organiser un système monétaire dans lequel les piècesd’un métal qui n’est pas l’étalon soient cependant de lamonnaie légale. La France et bien d’autres pays en ontoffert ou en offrent l’exemple.
Les deux termes d’étalon et d’unité monétaire sont unisl’un à l’autre étroitement ; ils seraient absolument syno-nymes si la matière dont une chose est faite pouvait seconfondre avec la chose même.
On pourrait dire aussi que, dans son sens rigoureux, lemot d’étalon signifie l’unité monétaire elle-même définiepar le métal qui la compose et le poids de métal fin qui yentre. A ce compte, en France, l’étalon serait un poidsde 4 et demi d’argent fin; il n’est pas rare de trouver lemot d’étalon employé de cette manière dans des traitésd’Économie politique. Cependant c’est plus souvent aumétal même qu’à l’unité monétaire qu’on rapporte la qua-lité d’étalon. Il nous arrivera, dans le cours de ce volume,de faire usage de cette expression dans l’un et l’autresens; mais les circonstances dans lesquelles nous la feronsintervenir écarteront toute équivoque.
Le fait même de la liaison indissoluble qui subsiste en-tre les deux notions d’étalon et d’unité monétaire n’estpas sans entraîner quelques conséquences d’une certaineportée. Supposons qu’on étudie les lois d’un État où l’onsache que le législateur ait été parfaitement informé desconditions essentielles d’un bon système monétaire, cequi suppose, comme on le verra bientôt, qu’il n’ait eu au-cun doute au sujet de la nécessité d’avoir un seul étalonet non pas deux. Si, dans les textes qu’on aura sous lesyeux, on trouve l’institution nettement dessinée de l’unité