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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE V.

qu’au poids, au delà de la somme de 25 livres sterling (en-viron 625 francs). Mais il est permis de croire que cettedisposition de la loi n’avait qu’un caractère transitoire ;elle était motivée sur le mauvais état des espèces d’argent,tandis que les espèces d’or avaient été l’objet d’une re-fonte dans cette même année 1774 . Diverses circonstancesavaient fait ajourner la même opération pour la monnaied’argent (1).

Lord Liverpool ne l’ignorait pas, les autorités lesplus considérables étaient d’une opinion contraire à lasienne : car il cite loyalement les paroles de sir WilliamPetty, de Locke et de Harris, qui se sont expliqués, lesdeux derniers surtout, avec exagération même, dans lesens de la préférence accordée universellement, et detemps immémorial, à l’argent sur l’or, pour la fonctiond'étalon, et ils soutiennent que l’or n’est pas apte à rem-plir cette fonction.

On ne peut guère nier non plus qu’en Espagne l’argentne fût l’étalon monétaire, surtout du moment où l’exploi-tation des mines d’Amérique eut donné à la monnaie es-pagnole une très-large part dans le commerce du mondeentier. L’unité monétaire était la piastre ; c’est à celle-ciqu'on rapportait les doublons et autres pièces d’or. Lapiastre espagnole était, comme elle est encore, la monnaiecourante de l’Amérique à peu près tout entière. Le dollaraméricain, tel qu’il fut fixé par le congrès de 1792 , n’estautre chose que la piastre. C’est encore la piastre qui adepuis la fin du seizième siècle, la monnaie en usagedans les relations commerciales entre l’Europe et l’0ri6nt.

(1) La guerre de l’indépendance des États-Unis commença à celte épo-que ; puis, quand cette guerre fut terminée, le trésor était fort[obéré ; et,a'ant qu’il fût sorti de ces embarras, éclata la guerre de la révolutionfrançaise.