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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
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CHAPITRE VI
Du changement d’étalon. — Dans quel cas il est permis, dans quel cas il nesaurait l’être.
Lorsqu’un État a fait choix d’un des deux métaux pré-cieux pour l’étalon de sa monnaie, ce n’est pas légèrementqu’il peut y substituer l’autre. Il faut, au contraire,qu’il ait les raisons les plus considérables, car, toucher àla monnaie, c’est toucher à la propriété, au rapport desfortunes privées les unes avec les autres, aux obligationsréciproques du débiteur et du créancier, à l’accomplisse-ment de toutes les transactions qui restent encore à solder,et à plus forte raison à celles qui ont une durée indéfinie,comme c’est le cas pour les rentes perpétuelles.
Une fois l’étalon choisi, on est fondé à dire qu’il a étéconvenu, une fois pour toutes, que, lorsqu’une personnes’engage envers une autre pour une somme donnée, lesens de l’engagement est que la première délivrera à laseconde, à tel moment, un poids mathématiquementfixé d’avance du métal dont l’étalon monétaire est faitou l’équivalent positif et irrécusable en espèces de1 autre métal précieux, si celui-ci est légalement admis àservir de monnaie. Intervenir dans cette convention pouren changer les termes est un acte de toute gravité auquelun gouvernement digne de ce nom ne saurait se portersans les motifs les plus puissants.
Lorsque lord Liverpool voulut décider le parlement bri-tannique à adopter l’étalon d'or, il eut soin d’alléguer qu’iln’existait aucun étalon reconnu comme tel par la loi, qu'àcet égard même le pays était h l’état de table rase, puisquela circulation des métaux avait cessé et que l’Angleterre