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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE I.

vions, qui constituent le gisement principal de l’or, ontreçu en Californie des perfectionnements considérables.

On ne doit pas se dissimuler cependant, et nous l’expli-querons plus loin, que, pour l’argent aussi, les possibili-tés d’un vaste accroissement de la production sont deve-nues de nos jours extrêmement grandes, de sorte que,pour ce métal aussi, il y a beaucoup de chances de l’a-baissement de sa valeur. 11 y a pourtant cette différenceque, pour l’or, l’agrandissement de l’extraction est déjà«n fait acquis, tandis que, pour l’argent, ce n’est encorequ’une perspective.

La méprise dans laquelle était tombé lord Liverpool aété renouvelée par d’autres partisans prononcés du mon-nayage exclusif en or. On a voulu aussi tirer avantage, enfaveur de ce métal, d’un fait qui résulte des tables deWettenliall, tables qui récapitulent, année par année, etmois par mois, les prix de l’or et de l’argent sur le marchéde Londres. En parcourant ces tables du 5 janvier 1819au 5 janvier 1832, on a remarqué qu’elles n’accusaientpresque aucune variation pour l’or, tandis que, pour l’ar-gent, elles dénoteraient un écart de 6 ‘/a p. 100. Si l’oneût voulu prendre en considération ce fait décisif que lestables de Wettenhall exprimaient les prix en monnaie d’or,on aurait reconnu quelles ne pouvaient rien indiquer d’unpeu notable pour les variations des lingots de ce métal.Quant à l’écart qu’elles paraissent dénoter pour l’argent,

n’y a aucune raison pour dire qu’il soit du fait de l’ar-gent plutôt que du fait de l’or. Le rapport de valeur entreles deux métaux a changé : c’est incontestable; mais au-quel s’en prendre? est-ce à l’un? est-ce à l’autre? est-ce^ fous les deux ? C’est ce sur quoi les tables de Wettenhall,P as plus que les relevés dont s’était étayé lord Liverpool,ne sauraient rien nous apprendre.

Si, depuis un demi-siècle, le monnayage exclusif de l’or