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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

période sur laquelle il a porté son attention, la valeur del’argent a éprouvé de plus grands écarts que celle de l’or.Nous aurons occasion en effet d’exposer plus tard que,dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, les minesd’argent du Mexique produisirent des quantités d’argentjusque-là inaccoutumées. L’offre de ce métal étant ainsicaractérisée par un grand accroissement, tandis que riende pareil ne se passait pour l’or, ce fut une raison pourque sa valeur subît une baisse.

La question que nous agitons ici revient à découvrir s’ily a lieu de prévoir, pour l’un des deux métaux précieuxplutôt que pour l’autre, le retour du phénomène que nousvenons de rappeler par rapport à l’argent pendant la der-nière moitié du dix-huitième siècle. La Californie, depuis1848, l’Australie depuis 1851, diverses contrées de l’Amé-rique septentrionale baignées par l’océan Pacifique, de-puis cinq ou six ans, et aussi bien la Sibérie depuis 1830,nous paraissent fournir la réponse : on a lieu de s’atten-dre à la baisse de l’or. Avec l’or, le développement de laproduction peut être plus soudain, plus précipité, parceque l’extraction du minerai du sein de la terre est beau-coup plus simple que pour l’argent, et que l’opérationau moyen de laquelle le métal est retiré du minerai,une fois amené au jour, est d’une facilité élémentaireet d’une promptitude extrême, tandis qu’avec l’argentelle est le plus souvent très-compliquée. En sens con-traire, il y a bien cette considération que l’extraction de1 or, par sa simplicité même, laisse moins la porte ouverteaux perfectionnements qui, diminuant successivement lesfrais de production, élargissent la marge de la baisse lors-que l’offre s’étant beaucoup accrue, la demande augmentemoins. On verra pourtant que cet argument est loin d’a-voir toute la portée qu’on pourrait lui supposer et que, enfait, les procédés d’extraction employés pour les allu-