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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE 1.

la législation intérieure de chacune des plus grandes na-tions impliquait, jusqu’à un certain point, ainsi que nousen avons fait plus haut la remarque, la volonté de donnerà l’argent le rôle d’étalon.

En résumé, que conclure de ce qui précède?

Le voici, ce me semble. L’un et l’autre, l’or et l’argent,sont exposés à l’action de causes quelquefois très-éner-giques, qui, modifiant profondément le rapport entrel'offre et la demande, tendent, par cela même, à changerla valeur, tantôt de celui-ci, tantôt de celui-là. La plusgrande fixité qu’il était assez à la mode, pendant le premierquart du dix-neuvième siècle, de représenter comme étantl’attribut spécial de l’or, est éminemment problématique,et on peut la considérer comme une fiction. On n’aperçoitaucune bonne raison pour affirmer que les circonstances,qui de temps en temps agissent sur la valeur des métauxpour la modifier, soient de nature à affecter l’un beaucoupplus que l’autre. De ce chef donc, on ne saurait dire qu’ilexiste entre eux une inégalité marquée d’aptitude à remplirla fonction de monnaie. Du moins, cette inégalité n’estpas possible à constater avec les moyens d’observationqui sont à notre portée.

On ne voit donc pas de raison pour que, systématique-ment, tous les peuples civilisés se mettent à répudier l’undes deux métaux précieux, et à réserver absolument l’at-tribution monétaire pour l’autre. Les diverses nations, ou,pour mieux dire, les différents groupes d’Élats pourrontêtre conduits, par des raisons qui leur seront propres, lesoos à préférer l’or, les autres à préférer l’argent. Il y aPourtant un point sur lequel je crois devoir appeler l’at-tention , à la suite de quelques écrivains qui s’en sontex pliqués avec une grande force de logique, et non sansmotiver leur opinion sur des considérations politiques d’unordre élevé. N’arrive-t-il pas à certains moments que,