m COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
chez l’un ou l’autre des deux métaux précieux, quelqu’unedes qualités essentiellement requises pour la fonction mo-nétaire soit évanouie ou voilée? Parmi ces qualités, la plusnécessaire au point de vue économique, c’est une certainefixité de valeur. Or, qu’advient-il de cette fixité, lorsqu’unchangement subit éclate dans le rapport entre l’offre et lademande, sous l’action, par exemple, d’un débordementde la production, à la faveur de mines nouvelles d’une ri-chesse et d’une étendue inaccoutumées?
Se plaçant à ce point de vue, M. James Maclaren, quenous avons déjàcité(l), a soutenu l’opinion que la décou-verte et l’exploitation en grand des mines d’or de la Russieseptentrionale, de la Californie et de l’Australie, devaient,dans un certain délai, entraîner la valeur de ce métal dansune baisse profonde, de manière à causer une révolutiondans les intérêts des classes nombreuses de la Grande-Bre-tagne. Kn présence de ces désastres probables, il s’estdemandé si l’or, dépouillé qu’il était momentanémentd’une des vertus les plus indispensables à l’accomplisse-ment de la fonction monétaire, ne devait pas être déchu decette fonction, et si l’Angleterre, en un mot, ne devait pasabandonner l’étalon d’or pour revenir à l’étalon d’argent.La question est grave; la solution recommandée parM. Maclaren soulève beaucoup de difficultés, et de très-grandes; mais aussi, au point de vue de la théorie écono-mique comme au nom de la politique, il y a beaucoupà dire en sa faveur. On ne s’expliquerait pas qu’elle n’aitpas occupé d’avantage l’opinion publique, en Angleterre,et obtenu plus d’adhésion parmi les personnes qui se consa-crent à l’Économie Politique, s’il n’y avait lieu de craindreque le grand changement conseillé par M. Maclaren nefût devenu bientôt un labeur inutile, parce que l’argentaurait éprouvé à son tour un fort abaissement de valeur.
(U A Sketch ofthehistory ofthe currency.