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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE II.

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CHAPITRE II

Motifs qu’on aurait de maintenir aux deux métaux précieux à la fois les attribu-tions monétaires, et des moyens pratiques d’obtenir ce résultat.

L’Économie Politique démontre, avec une rigueur égaleà celle dont se vantent à bon droit les mathématiciens,qu’il ne doit y avoir dans la monnaie d’un État qu’un seulétalon. Elle reconnaît cependant que l’or et l’argentpossèdent sensiblement au même degré les qualitésqu’exige la fonction monétaire. Il semble dès lors que lemécanisme monétaire d’un Élat doive être d’un seul mé-tal qui, selon les circonstances propres aux différentspays, serait ici l’or et là l’argent. C’est ainsi qu’on l’a en-tendu dans un État où les questions de cet ordre sont or-dinairement traitées d’une manière supérieure. L’Angle-terre n’a de monnaie qu’en or. L’or est chez elle le seulmoyen légal d’acquitter une dette (1). Dans tous les au-tres grands États, jusqu’à ces derniers temps, il y a eu, no-minalement au moins, une monnaie d’or et une mon-naie d’argent, valables l’une et l’autre pour tous lespayements, quelle qu’en fût l’importance. Le systèmed’une double monnaie légale, qu’il ne faut pas confondreavec celui du double étalon, est sujet à se déranger, et ona dû, pour le rajuster, se livrer à des efforts qui n’ont pastoujours été heureux. Pour que les deux métaux circulas-se nt parallèlement l’un à l’autre, il avait fallu convenirque telle quantité d’argent était l’équivalent de telle autre

(D Le billet de la Banque d’Angleterre est aussi, dans l’AngleterreProprement dite, un moyen légal de s’acquitter (legal tender); mais c’estla condition expresse qu'il soit, au même moment, remboursable enes pèces à la Banque ; c’est donc une manière de s'acquitter en or.