LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE II. 183
temps en temps la valeur des pièces d’or par rapport àl’unité monétaire supposée d’argent, au moyen de déci-sions administratives rendues d’ailleurs dans des formesconservatrices et conformément à une loi spéciale. Elle aété mise en pratique déjà jusqu’à un certain point.
On aurait alors un système monétaire assez analogue àcelui auquel l’Espagne s’est arrêtée, il y a bien longtemps :la piastre et le quadruple, monnaies l’une d’argent, l’au-tre d’or, toutes les deux du même poids et du même ti-tre (1), en rapport simple avec l’unité pondérale, y circu-laient côte à côte, sans se gêner. La monnaie espagnole aété pendant longtemps la première monnaie du monde,reconnue pour telle par le philosophe et par le commer-çant tout à la fois. Eh bien, dans cette monnaie, l’un desdeux métaux, l’or était reconnu mobile par rapport àl’autre. Divers édits ont changé le rapport de-valeurentre le quadruple et la piastre, les deux pièces restantintrinsèquement les mêmes. Mon savant ami M. IsidoreLcevenstern, m’a indiqué la pragmatique du 17 juil-let 1779 qui modifie, dans ce sens, celle du 16 mai 1737,laquelle môme avait remanié un plus ancien état de choses,fondé sur ce que réellement la valeur de l’or, relative-ment à l’argent, était primitivement moindre. Il faut con-venir cependant que la mobilité dont est affectée la mon-naie d’or dans le système espagnol diffère de celle qui estsuggérée ici. Elle n’est pas périodique, elle n’est qu’acci-dentelle et n’apparaît qu’a de longs intervalles.
Le gouvernement russe, venu après les autres, a adoptéle système du double monnayage sans aucun rapportPositivement obligé entre les deux métaux.
(0 Je prends ici les choses avant l’altération de titre mentionnée plushaut, page îiI,et dont,au surplus, personne ne fut dupe : après l’altéra-'i°n comme avant, le système de la monnaie double fonctionna bien enEspagne.