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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
bre accord des particuliers effectuât ce qu’il a accom-pli dans la Grande-Bretagne. Il faut prendre les hommespour ce qu’ils sont, et non pas pour ce qu’ils devraientêtre, ou pour ce qu’ils seront un jour. Si en France la mon-naie d’or n’était pas tarifée par rapport au franc ; si, danschaque transaction particulière, la monnaie d’or ne devaitpasser qu'après que les parties se seraient mises d’accordpour en fixer la valeur, il est à croire qu’elle n’aurait au-cune circulation dans les campagnes, et notamment dansles foires, pour lesquelles il faut spécialement une monnaietrès-portative. Notre population rurale manque de lumiè-res, elle n’est pas façonnée à ces notions que le grandcommerce trouve élémentaires. Quand elle sera plus ins-truite et plus familière avec les usages d’une civilisationavancée, on pourra appliquer en F rance des règlementsmoins minutieux en fait de monnaie.
En résumé, le système qui s’en rapporte au libre ac-cord du public pour déterminer la valeur des pièces d’oren argent est plus conforme à l’esprit et aux coutumesd’une civilisation perfectionnée, dans laquelle les popula-tions traitent et agissent de leur propre mouvement, etsavent apprécier leurs intérêts, sans que l’autorité inter-vienne par des règlements, ou sans que la loi apparaisseavec sa force impérative. Mais l’autre système, celui quiferait dépendre la valeur des pièces d’or d’une fixationofficielle faite périodiquement à des intervalles rappro-chés, et dansdes formes consacrées par la loi, celui-là sem-ble plus en harmonie avec l’état actuel des mœurs pu-bliques en France et dans la majeure partie du monde.Au surplus, si on le voulait absolument, rien n’empêcheraitde commencer par le premier système, sauf à se rabattresur le second, en cas d’insuccès.
Il ne faut pas regarder absolument comme une nou-veauté la combinaison qui consisterait à faire fixer de