202 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
* quand il devrait y en avoir, devraient porter exclusivementsur l'or.
On assure aussi,—et cette assertion a été émise danslesdélibérations de la commission nommée en 1857 par leministre des finances pour examiner les questions sou-levées par l’affluence de l’or de la Californie et de l’Aus-tralie, — on assure que la loi de l’an XI serait sortie dutiraillement de deux opinions contradictoires, dont l’uneaurait voulu l’étalon d’argent, tandis que l’autre auraitété favorable au double étalon. La loi de l’an XI, produithybride, pour ne pas dire informe, présenterait par cettecause le mélange indigeste de deux opinions inconciliables.Nous reproduisons ici ce commentaire peu bienveillant dela loi de l’an XI avant d’entrer dans l’examen des docu-ments auxquels nous venons de faire allusion, à cause duretentissement qu’il a eu ou de l’autorité qui s’attache aunom deSj personnes sous le patronage desquelles il s’estdivulgué. L’analyse que nous allons essayer de ces docu-ments aura pour effet, nous le croyons, de n’en rien lais-ser subsister.
Pour bien comprendre ce qui s’est passé à l’occasion dela loi de l’an XI parmi les hommes d’État qui en onteu la charge, il est nécessaire de remonter plus haut,jusqu’aux délibérations déjà mentionnées, qui eurent lieudans les conseils des Cinq-Cents et des Anciens sous leDirectoire. C’était en l’an VI. On était en présence delàloi du 28 thermidor an III, sous l’empire de laquelle onavait fabriqué une petite quantité de pièces d’argent, maisqui n’avait déterminé aucun monnayage en fait d’or, onétait frappé de ce dernier inconvénient et on avait le désird’y remédier. On avait proposé une loi qui contenait un expé-dient destiné à remplir cet objet, et qui, hors de là, n’offraitguère que des dispositions accessoires par le moyen des-quelles on s’était efforcé de donner un corps à cette pen-