LA MONNAIE. SECTION Vil, CHAPITRE I. 201
geait, quelque chose alors à la composition ou au cours *des monnaies, il pensait que le changement pourraitporter sur l’argent aussi bien que sur l’or? Il y a lieu decroire le contraire. La loi n’est pas aussi muette qu’elleparaît l’être. Elle parle en déclarant que l’unité monétaireest une pièce d’argent d’un poids déterminé, en rapportsimple avec l’unité de poids; savoir, 5 grammes. C’est unlangage qui ne manque pas de clarté pour qui a le désirde comprendre. 11 y a aussi dans la loi ce que je pour-rais appeler le langage par signes : le rang exceptionnelqui est assigné à la clause intitulée disposition générale ,par laquelle est instituée l’unité monétaire, a en effet uneportée qu’on ne saurait méconnaître.
On pourrait aussi demander de quel droit les modernescommentateurs delà loi du 7 germinal an XIpréjugent,comme ils le font, la légèreté ou l’ignorance des hommesdistingués qui furent les auteurs de la loi. Pourquoi sup-pose-t-on, sans preuve aucune, chez ces administrateursexpérimentés, l’idée déraisonnable de perpétuer entre1 or et l’argent le rapport de 1 à 15 1 / 3 , ou celle si peu ju-dicieuse de laisser complètement indéterminé ce qu'il yaurait à faire quand ce rapport serait changé? Avant d’at-tribuer telle ou telle erreur à ces hommes éminents, il con-venait de s’enquérir en lisant les pièces officielles où ils ontconsigné leur pensée. Il n’y a d’ailleurs rien d’insolite, iln Y a rien que d’ordinaire, lorsque le texte des lois est0u paraît obscur, d’en rechercher le sens dans l’exposé desMotifs, et dans l’ensemble des documents qui ont servi àP r éparerl’actelégislatif. C’est une pratique non-seulementéquitable, mais légale. Or tout, dans ces documents, con-court à établir nettement, ce qui du reste est dans la loini eme, q ue ] e législateur de l’an XI a voulu un seul étalon,J ue S °R choix s’est porté sur l’argent, que la pièce d’unranc es t absolument fixe, d’où suit que les changements,