LA MONNAIE. SECTION VII, CHAPITRE II. 217
jamais rien de semblable à ce qui s’était passé dans quel-ques-uns des siècles antérieurs où la variation avait étémarquée entre l’or et l’argent : hypothèse hasardée, etdont un homme pratique tel que lui devait se méfier.Certes, rien n’obligeait Gaudin à prévoir la découvertepresque simultanée des mines d’or de la Russie boréale, dela Californie et de l’Australie; mais, même avec des faitsmoins caractérisés’ son hypothèse devait être renversée defond en comble. Supposons une baisse de dix ou seulementde cinq pour cent qui doive s’accomplir en vingt ans : iln’en faut pas davantage pour que la combinaison de Gaudincroule par la base. Après une première baisse d’un ou d’unet demi pour 100 sur l’or, l’expérience l’a démontré, l’ar-gent tend à s’exporter, et, pour le retenir dans la circulationeffective, on devra procéder à une refonte de l’or. L’opé-ration ne sera pas terminée, qu’il faudra songer à une re-fonte nouvelle, avant la fin de celle-ci à une troisième.Une pareille mobilité dans la consistance des pièces d’or,portant en toutes lettres le même nombre de francs, n’estpas un régime qu’un homme pratique puisse recomman-der. Ce serait la confusion même.
Le système que Gaudin fit prévaloir, quant à la fabri-cation des pièces d’or, était donc loin d’être aussi pratiquefiu’il l’avait supposé. Ce système avait un autre défaut plusgrave, c’était de laisser indéterminé le signe auquel on de-vait reconnaître un jour que le moment serait venu derefondre les pièces d’or, afin d’y changer la quantité deflïétal correspondant à un franc. Sur le terrain où Gau-din était placé, il était impossible, quelque bonne volontéfiu’on eût, de l’indiquer par une formule qui eût une pré-cision mathématique. Certes Gaudin n’ignorait pas que le^Pport de valeur entre les deux métaux précieux est mo-de. Mais, de même que tout le mondealors, il manquait des' ^ ITl ents nécessaires pour déterminer l’étendue du chan-