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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
sous l’empire de règlements excessifs, et où le commercedes métaux précieux, soit monnayés, soit en lingots, étaitsoumis à une législation où la liberté n’avait aucune place,si bien que les peines les plus sévères atteignaient des actesque le droit naturel autorisait. L’expérience, à laquelle ildéclarait s’en remettre comme à une autorité souveraine,a tourné contre lui. En l’an XI, quand fut faite la loi du7 germinal, qui avait établi, à titre temporaire, le rapportde 1 à 15 1/2 entre les deux métaux, ce rapport existaitréellement dans le commerce ; mais peu à peu il s’est mo-difié, et bientôt l’or a valu communément un peu plus dequinze fois et demie l’argent, il a même quelquefois étéun peu au delà de 16. Cet écart qui, communément, aété de 1 et demi pour 100 environ, c’est-à-dire de la moi-tié de celui qui se manifesta de 1726 à 1785, n’aurait pasdû avoir d’effet sur la circulation, si les prévisions de Gau-din eussent été justes. Bien au contraire, il en a eu untrès-considérable : il a suffi pour que l’or se retirât de lacirculation. Peu d’années après le vote de la loi del’an XI, l’or était devenu une rareté qu’on allait acheterchez le changeur, quand on voulait emporter en voyageune certaine quantité d’espèces de ce métal. En fait,ce que Gaudin se flattait d’établir au moyen de la fabri-cation de pièces dénommées de 20 et de 40 francs, la cir-culation parallèle des deux métaux, avait cessé d’exis-ter peu après l’an XI ; et vingt-cinq ans après cette date,la circulation n’offrait plus que de l’argent.
Gaudin se faisait illusion sur d’autres points; il suppo-sait : 1° que la variation possible de l’or par rapport àl’argent n’excédait pas un très-petit nombre de centiè-mes ; 2° qu’elle s’accomplirait en une seule fois, aprèsquoi l’on pourrait se considérer comme dans un étatstationnaire ou à peu près pendant une nouvelle périodeassez longue. C’était poser en principe qu’on ne verrait