Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
221
JPEG-Download
 

LA MONNAIE. SECTION VII, CHAPITRE II. 221

mstère d’un huissier et soit tenu de se faire représenter,il existe cependant un tribunal dont il est justiciable, etdont les arrêts, pour être rendus tardivement et ne pas en-traîner une sanction matérielle, n’en sont pas moins re-doutables, et font trembler les plus superbes. C’est le tri-bunal de l’histoire, où tous les gouvernements saventqu’ils doivent être jugés un jour avec une impartialité qui®st souvent leur espoir, et qui devrait toujours être leurfrein. En présence d’un gouvernement qui se respecte, ilsuffit d’invoquer cette auguste juridiction, dernière raisondes peuples, suprême soutien du droit, et boulevard dufaible contre la force, pour le retenir dans le sentimentde la justice, alors qu’on le verrait sollicité de s’enécarter.

Il n’en est pas moins vrai qu’en 1804 le Corps législa-tif a eu à discuter une loi qui. dans la pensée de plusieurspersonnes, était le commencement du renversement dusystème consacré par la loi de l’an XI, et devait conduireau remplacement de l’étalon d’argent par un étalon d’or.L occasion de cette loi a été fournie par la pénurie demonnaies divisionnaires enargentpourles appoints. Lepro-jetportaitqu’il serait fabriqué des pièces de 20 et 50 cen-times, de 1 franc et de 2 francs analogues au sclieltingan-glais, c’est-à-dire à bas titre et d’une valeur intrinsèqueùotablement inférieure à la valeur nominale. Comme less chellings, ces pièces destinées aux appoints ne devaient^ re admises dans les paiements entre particuliers quejusqu’à concurrence d’une faible somme ; on s’était arrêté^ celle de 20 fr. Quant au titre, par le désir d’arriver à unePerfection scientifique de peu d’importance, on dérogeait^ iu division décimale, et on adoptait celui de 835 mil-lièmes.

Le Corps législatif, dans la pensée louable de garantiruutant que possible le système consacré par la loi de