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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

trer plus difficile envers les directeurs des Monnaies.

Il résulte du rapport final (1) de MM. Dumas et de Col-mont qu’à cet égard la volonté de la loi, en France, n’é-tait pas suffisamment remplie avant 1839 ou 1840. D’a-près les analyses exécutées sous leurs yeux,la moyennedu titre des pièces de 3 fr. était satisfaisante pour chaqueémission, et plutôt au-dessus du pair qu’au-dessous ; maisentre les diverses pièces la différence était sensible (2).

Le décret du 22 mai 1849, qui réduit la tolérance dutitre pour l’argent, donne à penser que les incorrectionsextra-légales signalées par MM. Dumas et de Colmonten 1839 ont entièrement cessé.

C’est une affirmation qu’on trouve dans les écrits deshommes les plus dignes de confiance, que le titre des es-pèces d’or est, en certains pays au moins, d’une exactitudepresque mathématique (3), d’où il serait naturel de con-clure qu’il pourrait l’être partout. Cependant, je n’ai vunulle part le détail d’expériences multipliées qui pussentservir de base à cette croyance. C’est une opinion qui s’ap-puie sur un certain nombre de faits constants, qu’avecl’argent on n’approche pas tout à fait autant du but.

La tolérance de titre donnait lieu, en France, sousl’ancien régime, à différents abus :

(t) MM. Dumas et Colmont ont été les rapporteurs d’une grande com-mission des monnaies instituée en 1838, qui procéda avec soin, et ens’éclairant par des expériences multipliées, à l’examen de plusieursquestions relatives à la fabrication des monnaies. MM. Dumas et de Col-mout firent divers rapports remarquables. Le dernier et le plus impor-tant, que nous citerons plusieurs fois sous le nom de leur rapport final,est de décembre 1839.

(2) Voir leur rapport final, pages 19 et suivantes, et surtout le tableaude la page 20.

(3) Ainsi M. Gallatin disait, en 1831, que les variations de titre consta-tées par l’essai de monnaies américaines, n’excédaient pas deux milite-mes pour l’argent, et que sur les pièces d'or elles étaient si faibles, qu’onpouvait les considérer comme inappréciables (Considérations on tlie Cttr-rency and Banking System of the United-States , page G2).