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LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE II.
criminelles, d'une portion de la substance des espèces :c’est la rognure. Il est impossible de distinguer, dans la dé-perdition totale que présente une pièce de monnaie, cequi provient du frai proprement dit et ce qu’il faudraitimputer à la rognure. Cette circonstance ne laisse pas quede répandre de l’incertitude sur le résultat des expérien-ces qui ont eu et qui auraient encore pour objet de déter-miner exactement le frai.
Des expériences fort soignées, faites en 1838, en France,sous la direction de MM. Dumas et de Colmont, sur untrès-grand nombre de pièces de 5 francs (400,000 pièces),interprétées ensuite à l’aide des formules du calcul desprobabilités, par M. Libri, ont conduit à cette conclusionque « la loi du frai paraît être uniforme, ou à fort peu de« chose près, pendant toute la durée de la circulation« des monnaies, et que l’on peut l’évaluer, pour les« pièces de 5 francs, à 4 milligrammes par an et par« pièce (1). » C’est 16 partiessur 100,000 ou 1 sur6,250.MM. Dumas et de Colmont n’ont pu, malgré leur désir,étendre leurs recherches aux autres pièces d’argent et à lamonnaie d’or.
Les expériences anglaises de la ün du dernier siècleferaient ressortir le frai à peu près au même chiffre quecelles de MM. Dumas et de Colmont, pour les couronnes°u pièces de 5 schellings dont les dimensions diffèrentPeu de celles de nos pièces de 5 francs ; mais elles en in-diquent un beaucoup plus fort pour les moindres pièces.Ainsi, pendant un intervalle de onze ans (de 1787 à 1798),les pièces anglaises d’argent de divers calibres, déjà uséesau point de ne plus offrir d’empreinte, circonstance quies t bonne à noter, et que ne présentaient pas les piècesfrançaises de b francs, expérimentées par MM. Dumas et
(D Rapport final, page 34.
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