240 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
monétaire durcit le métal. Les aspérités qu’offrirait lasurface, par la finesse des détails de la gravure, commec’est le cas dans les pièces tout à fait neuves, s’émoussentvite dans la circulation et augmentent ainsi la déperdi-tion des premiers temps. Les pièces dont le cordon estrayé perdent de ce côté plus que celles dont le cordon estuni, comme celui des pièces françaises. Une plus grandeactivité de la circulation doit user les pièces dans la pro-portion même où cette activité s’accroît; de sorte que, sipar une cause quelconque, une partie importante du mon-nayage reste enfermée dans des coffres-forts, le frai dimi-nue d’autant. C’est une raison pour queles menues pièces,comme chez nous celles de 1 franc et de 50 centimes,s’usent en proportion plus que celles de 5 francs. Le fraidoit même varier selon la classe parmi laquelle passe lamonnaie. La main rude du cultivateur, qui a touché laterre et en a encore d’adhérente, enlève à la pièce qu’ellepalpe plus de parcelles de métal que celle du monde élé-gant.
C’est une question de savoir si la monnaie, quand ellea perdu les petites aspérités qu’a dû offrir sa surface alorsqu’elle sortait du balancier ou de la presse monétaire,s’use davantage ou moins à mesure que l’empreinte mêmes’efface. Beaucoup de personnes ont émis l’opinion qu’elleperdait moins parce qu’elle offre de moins en moins desparties saillantes sur lesquelles le frottement s’exerce avecune certaine intensité. On verra qu’il y a lieu de doutersur ce point, parce que les résultats recueillis sont con-tradictoires au lieu de concorder ; si bien que l’opinionopposée compte aussi des partisans autorisés.
Le frai proprement dit, c’est-à-dire la déperdition que lamonnaie éprouve par le fait de la circulation, se compli-que plus ou moins, dans la réalité, d’un autre fait tout dif-férent qui consiste dans la soustraction, par des mains