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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
tions par lesquelles les gouvernements ont violé les prin-cipes à l’égard de la monnaie, ont été accompagnées dedispositions draconiennes destinées à en assurer le succès.Mais après un peu de temps, de quelque brutalité que lesgouvernements se fussent armés, leurs plans échouaient,parce que tout le monde, sans exception, entrait dansune sorte dé conjuration pour les faire avorter : témoi-gnage curieux de la répugnance instinctive que les moyensviolents inspirent aux peuples quand les lumières de lacivilisation se sont répandues sur eux. Nous avons eu etnous aurons encore lieu, dans le cours de ce volume,d’en citer des exemples. Il n’en est pas moins vrai que, ausujet des monnaies, le goût des expédients rigoureux s’estperpétué jusqu’à ces derniers temps dans les gouverne-ments, comme un vice incorrigible.
On a même vu, à l’occasion de certains actes relatifsaux monnaies, et non sans raison traités comme des cri-mes, les sévérités de la loi, à quelque point qu’elles fus-sent portées, manquer complètement d’efficacité par lerefus de concours du public; comme si la conscience pu-blique eût révélé aux populations que le point de départ deces actes criminels se trouvait dans des omissions et desmanquements de l’autorité, et que le plus sûr remède ày opposer consistait dans certaines mesures de bonne ad-ministration qu’on avait eu le tort de ne pas prendre.
La rognure des pièces de monnaie est un fait juste-ment qualifié de crime et puni comme tel, avec la plusgrande rigueur, par les lois de tous les peuples. Il est ar-rivé cependant que la législation pénale, même la plusimpitoyable, fût impuissante à réprimer la rognure desespèces, dans certains cas où les rogneurs cherchaient àprofiter de quelque bévue commise par le gouvernement enmatière de monnaie. Les annales de l’Angleterre en offrentun remarquable exemple. L’historien Macaulay, qui a