LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE III. 253
donné à la question des monnaies l’attention qu’ellemérite, et qui l’a discutée avec la supériorité de sonjugement, a mis en relief l’obstination avec laquelleles rogneurs poursuivaient leurs pratiques sous le glaivede la loi, alors que le gouvernement anglais négligeait deremplir son devoir à l’égard des monnaies au dix-septièmesiècle. « On avait beau, dit-il, exécuter avec une ri-gueur extrême les lois rigoureuses contre les faux mon-aayeurs et les rogneurs ; tout était inutile. A chaque ses-sion tenueàOld Bailey, la justice faisait de terribles exem-ples. 11 ne se passait pas de mois où l’on ne vît quatre,cinq, six misérables, convaincus d’avoir contrefait ou mu-tilé la monnaie du royaume, traînés sur la claie à Holborn-Hill. Un matin, sept hommes furent pendus et une femmebrûlée pour avoir rogné des pièces de monnaie; mais rienn’y fît. Les profits étaient tels que, pour des gens qu’aucunprincipe n’arrêtait, ils compensaient et au delà tous lesrisques. Quelques rogneurs passaient pour avoir fait degrandes fortunes. L’un d’eux, entre autres, offrit 6,000 li-vres sterling pour obtenir son pardon. Sa tentative échoua,il est vrai, mais la renommée de ses richesses contribuasingulièrement à détruire l’effet que le spectacle de sa
mort était destiné à produire.
«. Le mal fit des progrès rapides. Bref, dans l’au-
tomne de 1695, il eût été difficile de dire que le pays pos-sédait pour ses transactions commerciales une mesureQuelconque de la valeur des marchandises. C’était lehasard qui décidait si ce qu’on appelait un schelling était enréalité 10 pence, ou seulement 6 pence ou quatre (1).
«Les résultats de quelques expériences qui furent faitesà cette époque méritent d’être cités. Les commis de l’Échi-quier pesèrent 57,200 livres d’argent fabriqué au mar-di On
sait que le schelling fait douze pence.