Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
257
JPEG-Download
 

LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE III. 257

d’une rigueur draconienne, insulte aux tendances libé-rales qui commençaient à distinguer l’opinion publique enAngleterre, et n’eut aucune efficacité. Les choses conser-vèrent le même cours. Un an après, des dispositions enconformité avec les principes étaient adoptées, et quoi-qu’on y eût associé, sans propos, des prescriptions pénalesqui furent caduques dès le premier jour, la crise était con-jurée. »

L’histoire des autres peuples n’offre guère de traces decette sympathie pour les rogneurs, qui est attestée pourl’Angleterre par le récit de Macaulay. C’est peut-être parceque nulle part on n’a autant qu’en Angleterre prodiguéle dernier supplice à cette catégorie de criminels. Mais,chez toutes les nations à peu près sans exception, l’exis-tence de cette coupable industrie est constatée de la façonla plus irrécusable. Il est constant aussi qu’on s’y est livréd’autant plus que le monnayage était plus imparfait etque les pièces étaient plus usées, ce qui revient à dire quec’est la négligence de l’administration publique quia sus-cité ou encouragé les rogneurs d’espèces.

Il est de même remarquable que le penchant pour larognure ne semble pas diminuer avec les progrès de la ci-vilisation et l’amélioration des mœurs publiques. C’estainsi qu’à une époque rapprochée de nous, lors delà refontede la monnaie d’argent du royaume néerlandais, l'indus-trie des rogneurs a eu, dans cet État, un redoublementd’activité. On en trouve la preuve détaillée dans l’exposéde M. Yrolik sur cette importante opération, et le gouver-nement néerlandais a dû prendre des mesures pour que* °Péralion même ne fût pas entravée ou rendue trop dis-peudieuseà l’État par les efforts des rogneurs. Dès l’ori-§ lne de la réforme, ceux-ci s’étaient organisés pour profi-* er du bénéfice de la disposition d’après laquelle les vieillestt^nnaies devaient être reçues dans les caisses publiquesiii. 17