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LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE IV.d’une monnaie ainsi viciée dans l’exposé qu’il fait de la si-tuation de l’Angleterre vers 1695.
« Les maux produits par cet état delà monnaie, dit-il.n’ont point paru dignes en général d’occuper une placeimportante dans l’histoire; cependant il est permis dedouter que la somme de misère qui avait été infligéeà la nation anglaise dans un quart de siècle par de mau-vais rois, de mauvais ministres, de mauvais parlements etde mauvais juges, fût égale à celle que produisaient ennne seule année de mauvais schellings et de mauvaisescouronnes. Les événements qui fournissent les meilleurstextes à l’éloquence pathétique ou indignée de l’historienne sont pas tou jours ceux qui affectent le plus le bonheurde la masse du peuple. Les abus du gouvernement deCharles et de Jacques, malgré leur gravité, n’avaient pasempêché les affaires ordinaires de la vie de marcher d’unpas ferme et de prospérer. Dans le temps que des hommesd’État vendaient à une puissance étrangère l’honneur etl’indépendance de la patrie, attentaient aux droits garantispar la charte et violaient les lois fondamentales, des milliersde familles honnêtes, paisibles, industrieuses, travaillaient,s’adonnaient au négoce, se livraient au plaisir de la tableet aux douceurs du sommeil en toute confiance et sécurité.Que les whigs ou les tories, que les protestants ou les jé-suites fussent au pouvoir, l’éleveur conduisait ses animauxau marché, l’épicier débitait ses denrées, le marchand dedraps mesurait ses étoffes, le mouvement des acheteurs etdes vendeurs ne se ralentissait point dans les villes ; lafète de la moisson se célébrait avec la même gaieté dansles hameaux, la crème remplissait à pleins bords les seauxdu Cheshire, le jus de la pomme écumait sous les pres-s °irs du Herefordshire, la faïence cuisait dans les four-^eau x embrasés du Tient, et les brouettes pleines de char-on allaient et venaient sur les railways en bois de la