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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE IV.assimilée à la fabrication de la fausse monnaie; maisil semble que, tant qu’une pièce n’aura pas été touchée parla main du rogneur, elle doive aller indéfiniment commesi elle était entière. Ce silence de la loi s’explique par cettecirconstance que, en l’an XI, lorsqu’on rédigea définitive-ment la loi, l’on monnayait abondamment des piècesnouvelles, qu’on jetait sur un marché où elles devaientbientôt être seules. On supposait qu’on aurait bien letemps de pourvoir aux nécessités de la situation quandles espèces commenceraient d’être légères.

Bérenger, qui était le rapporteur au Conseil d’Élal, avaitproposé de fixer par la loi, à l’instar de ce que nousvenons de dire pour l’Angleterre, une tolérance de fraipassé laquelle une pièce de monnaie cesserait de circuler.La tolérance de frai eût été une fraction déterminée dupoids delà pièce. Gaudin s’y opposa dans les termes sui-vants: « Quant à la tolérance de frai proposée par le rap-« porteur du Conseil d’État, je pense qu’il est prématuré« de s’en occuper; ce serait jeter, sans utilité, dans le pu-« blic, une inquiétude sur les monnaies, qui ne pourraitn avoir quelque fondement qu’à la suite d’une longue<( circulation, et ce serait alors le moment d’y pourvoir. »L’argument était bien médiocre ; il fut cependant prispour péremptoire.

La perte qu’on lit subir par décret, en 1810, aux piècesd’avant la Révolution qui circulaient encore, prouverait,indépendamment de ces paroles de Gaudin, qu’on se ré-servait d’agir plus tard ; mais il eût été mieux de ne pasRendre et d’insérer, dans la loi même du 7 germinalan XI, quelques dispositions efficaces qui n’étaient pasbien difficiles à concevoir et à formuler.

, L’idée proposée par Bérenger était juste, et il eût fallui ndopter. On aurait dû cependant ajouter que le créan-Cler aurait le droit de ne recevoir la monnaie qu’au poids