LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE V. 271
puisse goûter un seul moment une pareille morale et sanc-tionner de pareils projets? Combien la situation dupays doit être étrange, s’il n’est possible de le faire pros-pérer que par la violation de la foi publique et par la per-turbation jetée dans les transactions particulières; si,pour le sauver, il faut avoir recours à des mesures con-damnées également par tous les hommes d’État, par toustes historiens; s'il faut appliquer la misérable mais an-eienne ressource créée par l’ignorance barbare de pouvoirsdespotiques, et que les nations civilisées n’envisagent queeomme la marque finale de la faiblesse et de la dégradationd’un peuple!
« L’honorable orateur ne sait-il pas qu’une mesure pa-reille serait un coup mortel porté à tout crédit public etprivé? Ne voit-il pas que, si une fois vous consentez à abais-ser votre étalon, vous créerez un précédent auquel on re-viendra d’autant plus volontiers dans la suite, qu’on auradonné par là un coup de mort au crédit et à toutes lesautres ressources sur lesquelles le pays a compté jusqu’àce jour ? N’a-t-il pas compris que la seule crainte de lapossibilité du recours à une telle ressource produirafout autant de mal que la mesure elle-même et que, lors-que les capitalistes trouveront qu’eu Angleterre il n’y aplus de stabilité pour les contrats monétaires, ils trans-porteront leurs capitaux dans d’autres pays? »
Robert Peel prit la parole dans cette discussion. Je citede son discours quelques lignes qui caractérisent son opi-nion.
« Si, dit-il, une pareille mesure était adoptée par laChambre, si les Communes d’Angleterre se dégradaientau point de sanctionner un pareil dessein, adieu alorsP°ur toujours à la foi publique, qui, jusqu’à ce jour,a dté la fierté du pays, et lui a fait traverser toutes lesP la ses les plus difficiles... »