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La monnaie / par Michel Chevalier
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270 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

grand peuple ne doit pas hésiter lorsque la foi publiqueest engagée.

L’épreuve se renouvela sous une autre forme et dansd’autres circonstances, quelque temps après la fin desguerres de la Révolution Française. L’Angleterre avait étévingt-deux ans et plus au régime du papier-monnaie, sousla forme des billets de banque. Ces billets avaient, aprèsquelques années, subi une dépréciation qui, à certainsinstants, avait été très-marquée, jusques à 30 pour 100 etmôme au delà. Dans ces conditions, des engagements noni'breux avaient été souscrits, des contrats privés avaient étépassés en grand nombre, l’État avait fait de gros emprunts.On soutint dans le Parlement que la monnaie ne devait êtrefrappée désormais qu’en raison de la dépréciation qu’avaitéprouvée le papier-monnaie, ce qui eût déterminé la dimi'nution de la livre sterling dans la proportion de 25 ou 30pour 100, sinon davantage. Iluskisson s’éleva avec forcecontre celte proposition. Nous reproduisons ses parolesqui sont à leur place dans tous les temps et tous les lieux-

« Quel est, dit-il, l’effet d’un changement d’étalonmonétaire? Il est évident, en premier lieu, qu’une pa-reille substitution ne serait rien de moins qu’une violationdirecte de la bonne foi envers tous les créanciers quelcon-ques. La Chambre est-elle préparée à sanctionner un prin-cipe aussi monstrueux? Est-elle d’avis de dire à nos ancienscréanciers: Nous sommes prêts à reconnaître l’énorme in-justice que vous avez soufferte pendant tant d’années, nonpas dans le but de la réparer, mais de la perpétuer indéfi-niment; nous voulons vous voler 40 pour 100, parce q uenous avons parmi nos créanciers un certain nombre dontles contrats ont été conclus lorsque la circulation était dé-préciée de 40 pour 100?

« Est-il possible qu’un législateur, à moins d’avoirperdu tout sentiment de dignité, toute idée de bonne lbu