Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
308
JPEG-Download
 

308

COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

de nature à déterminer les propriétaires de ces espècesà les porter aux hôtels-des-monnaies, plutôt que de lesvendre comme matières d’or et d’argent. Le plus souventon leur en faisait une obligation sous peine de confisca-tion. C’est ce qui résulte des articles IV et VIII de l’éditde février 1726, qui remémore des dispositions semblablescontenues dans une foule d’édits antérieurs.

Quant au triage, qu’on désignait sous le nom de billon-nage, il était traité comme l'achat ou la vente des espècesou matières d’or et d’argent à un prix plus haut que celuiporté par les édits.

Lorsqu’on lit aujourd’hui ces différentes lois, il semblequ’on a sous les yeux les imaginations d’un homme ivreou d’un malade en délire. Quelle peine supposerait-on,par exemple, qu’on avait imaginée contre les « cochers,postillons ou conducteurs de voitures publiques » qui au-raient emporté sciemment des espèces « décriées » (o»vient de voir ce que signifiait ce mot), ou qui auraientomis d’en faire mention sur leur registre? C’était les ga'lères. Cela peut se lire dans l’article XV de l’édit de fé"vrier 1726.

Tous ces édits se distinguent encore par le soin aveclequel ils provoquent les dénonciations contre tous cesprétendus crimes. On promettait aux dénonciateurs un epart énorme sur le produit des amendes et confi s "cations.

La législation de l’ancien régime aurait fait aller a u *galères, sinon à l’échafaud, des milliers de personnes, slles mœurs en s’adoucissant n’avaient frappé de nullitémajeure partie de cette débauche législative. Heureuse'ment tous ces faits érigés en crime ne pouvaient guèceêtre commis que par des personnes riches, et, ainsi q uel’a fait remarquer M. de Tocqueville dans son ouvrage surl’ancien régime, ces personnes, fussent-elles même d u