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La monnaie / par Michel Chevalier
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317
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LÀ MONNAIE. SECTION IX, CHAPITRE I. 317

faire la livraison. M. Gallatin incline vers la combinai-son française. Et en effet, si l’administration des mon-naies, qui prétend travailler gratis, me demande un moiset plus pour manipuler mes matières, j’y perds, en inté-rêts, plus que si l’on me fait payer une prime, pourvu que,dans ce dernier cas, on me serve immédiatement ou dansun délai de quelques jours, alors que la prime n est quede 2 millièmes sur l’or et de 3/4 pour 100 sur l’argent,surtout si, dans la seconde hypothèse, on me rend mieuxcompte de mon métal et qu’on me fasse mieux profiter desparcelles d’or que recèle mon argent ou de la fractiond argent qui existe dans mon or.

Si l’argent contient un peu d’or, c’en est assez pour quele s frais du monnayage soient couverts. Il y a cinquantea ns, l’art de séparer l’or de l’argent, et en général de re-cueillir de petites fractions de métaux précieux, était biennaoins avancé qu’aujourd’hui. 11 est douteux que, sousl’ancien régime, un affmeur eût consenti à se chargerd’opérer le départ , ainsi qu’on nomme la séparationde l’or contenu dans l’argent, à moins d’une rémunéra-tion correspondant à celle de 24 francs par kilog. deüngot. Peu peu, on a perfectionné les procédés, on aSu bs.titué l’acide sulfurique à l’acide nitrique qui est bienPlus coûteux, et c’est ainsi que, il y a cinquante ans envi-cnn, l’on était parvenu à faire le départ avec profit sur deslingots d’argent dont la teneur en or n’était que d’un mil-lième. Depuis cette époque, la perfection et l’économiedns procédés ont été portées si loin qu’on a pu effectuer1 opération sur des lingots ayant à peine un tiers du mil-lième de leur poids en or; en d’autres termes, il n’enc °ûte pl us que 1 fr. pour traiter un kilog. de lingot. CeP r °grès extraordinaire de l’art de l’affmeur équivaut exac-em ent à la découverte d’une abondante mine d’or, et l’onen i^-il l’application plus ou moins complète partout. C’est