320 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
lier à la France (1). Le remède au mal serait de limiter lemonnayage, et, à cet effet, d’augmenter le prélèvement quise fait aujourd’hui sur les matières d’argent dans les lié'tels-des-monnaies. Bien plus, en votant le budget, onpourrait, selon eux, borner expressément chaque annéel’étendue du monnayage (2).
La principale mesure conseillée par MM. Dumas et deColmont, de faire un plus fort prélèvement sur les ma'tières apportées aux hôtels-des-monnaies, pourrait se ré-futer d’un mot ; elle revient à rétablir une taxe condamnéesans retour, le seigneuriage ; cependant examinons-^avec quelque détail.
Le monnayage illimité, que MM. Dumas et de Colinotconsidèrent comme fatal à la prospérité publique, est, él’égard de l’or, admis depuis longtemps par la loi en An-gleterre. On ne voit pas que les Anglais s’en trouventmal; ils ne s’en plaignent pas. Chez eux, le monnayageillimité en principe, n’a jamais encombré d’or la Grande-Bretagne. Elle n’est pas habituée à en avoir un excès; dlui arrive quelquefois d’en manquer, au contraire, ou d ele paraître. La dépréciation de l’argent, qu’en d839MM. Dumas et de Colmont supposaient s’être révélée che znous depuis la paix, et qu’ils attribuaient au monnaya? 6illimité, en la supposant démontrée, était-elle partie 11 '
(1) Voici les trois assertions fondamentales du résumé par leq ue *MM. Dumas et de Colmont terminent leur chapitre spécial sur la m° n 'naie d’argent :
« t° L’argent est porté en France par un courant régulier, et il s'y a1 'réte. Les sommes ainsi importées ne s’élèvent pas à moins de cent n” 'lions par an.
« 2° La masse du capital en circulation, malgré l’exportation ext>' a ° rdinaire et fâcheuse que l’or a subie, s’en trouve augmentée dans le rS fport de 2 à 3, depuis la Gn du dernier siècle.
« 3° Le prix de toutes choses, et celui du blé en particulier» en 4éprouvé une hausse proportionnelle (page 102 du Rapport final)-
(2) Rapport final, page 99.