LA. MONNAIE. SECTION IX, CHAPITRE II. 319
tière que tout créancier a voulue en payement et qu il esttsnu de recevoir, quand on la lui présente après le délaiconvenu, s’il y en a eu un. La même latitude doit être soi-gneusement maintenue, en France, envers les deux mé-taux, parce que tous les deux sont reconnus pour donnerune monnaie avec laquelle on peut indéfiniment s ac-quitter (1).
Le système du monnayage illimité est eu vigueur par-tout ; mais il a été contesté dans un document impor-tant, le rapport final fait à la commission chargée del’examen de plusieurs questions relatives à la monnaie,par MM. Dumas et de Colmont. Quoique les argumentsmis en avant dans ce rapport reposassent sur des faitsqui ne sont plus, à savoir que la France soit le principalréceptacle du métal argent, tandis qu’aujourd’hui c’estde l’or qu’on lui apporte, il est utile de les analyser, parcequ’ils conserveraient toute leur valeur, s’ils en avaienteu quelqu’une, en les appliquant à l’or au lieu del’argent.
Selon les deux savants rapporteurs, en vertu de notrelégislation, à leur gré imprévoyante, qui autorise le mon-nayage illimité, l’Amérique espagnole aurait contracté, ànotre détriment, l’habitude d’envoyer chez nous le métalqu’elle extrait de ses mines, et le sol français ferait l’officed’un exutoire où s’écoulerait, pour enrichir les extracteurs^ nos dépens, la moitié environ de l’argent qui est an-nuellement produit dans le monde. Notre monnayage illi-mité serait ainsi la cause principale d’une surabondancetoujours croissante de l’argent parmi nous; d’où, pour cemétal sur notre marché, un avilissement déjà consommé,vivant MM. Dumas et de Colmont, qui le croient particu-
t'ai^ française admet les deux monnaies ; mais on a vu que
de 681 t’étalon et que la monnaie d’argent est, selon l’expressionabeau , la monnaie constitutionnelle.