324 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
peut remédier aux conséquences fâcheuses, quelles qu’ellessoient, d’un système commercial restrictif.
Je ne vois d’avilissement possible des métaux précieuxdans un pays, en comparaison des autres, qu’autant quela loi, en l’entourant d’une muraille de la Chine, auraitabsolument défendu l’entrée de toutes les marchandisesétrangères autres que l’or et l’argent, et serait parvenueà arrêter la sortie des métaux précieux eux-mêmes parla rigueur des peines portées contre ceux qui tenteraientd’en exporter. Dans ce cas, les métaux précieux arri-veraient en payement des produits nationaux qui au-raient été vendus au dehors, et une fois entrés, il nepourraient plus s’en aller. On serait donc dans les con'ditions voulues pour l’engorgement. Mais même alorsl’encombrement des métaux précieux trouverait sonterme assez prochainement. Un premier excès d’or oud’argent ou de tous les deux ferait obstacle à une accu-mulation nouvelle. Les produits de toute sorte haussantde prix, au dedans, par l’effet même de l’excès des mé-taux précieux, il ne serait plus.possible de les placersur les marchés du dehors. Et puis, c'est un fait d’expé-rience que toujours jusqu’ici les efforts faits pour empê-cher l’or et l’argent de sortir, ont été impuissants. ^s’est toujours trouvé des hommes pour braver les ordon-nances, moyennant une prime, qui, à cause de la facilede cacher une somme d’argent ou d’or, n’a jamais étébien considérable (1). Le montant de la prime marqueraitla limite de l’engorgement et de la dépréciation des mé-taux précieux.
(1) Pendant le blocus continental, la loi qui interdisait la sortie d eSpèces monnayées de la Grande-Bretagne, sous les peines les plus sévère ’n'avait pas été révoquée encore. La prime d’exportation sur l’or en sC |^verains était au plus de 4 schellings par once, ou de 4 sur 78, soit *peu au delà de 5 pour 100.