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La monnaie / par Michel Chevalier
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336 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,

riorée par l’usage, si l’on y répand de la monnaie correctede poids et de titre, celle-ci disparaît presque aussitôtqu’elle a vu le jour, et par la même raison.

Ce fait, dont la théorie rend compte facilement, esttout à fait semblable à ce qui se passe lorsque le marchéa été envahi par du papier-monnaie déprécié, et qu’ons’aventure à y lancer des espèces d’or et d’argent avec les-quelles il serait entendu que le papier-monnaie est aupair. A peine ces espèces sont-elles sur le marché qu’elle 8se précipitent à l’étranger ou qu’elles sont jetées au creu-set ; ou bien, s’il en reste dans le pays, elles deviennentl’objet d’un commerce clandestin. Tout le monde saitce qui s’est passé en France à l’époque des assignats,et en Angleterre à diverses périodes pendant vingt etquelques années à partir du mois de février 1797, époqu eoù la Banque d’Angleterre cessa de rembourser emespèce 8ses billets au porteur. Aussitôt que les assignats &France et les billets de banque en Angleterre cessèrentd’être au pair avec les métaux précieux, ceux-ci disparu-rent de la circulation.

Dans des temps encore plus rapprochés, quelques fah sdu même genre se sont manifestés. On en a un exemptcurieux au Pérou. L’aftluence des piastres viciées de l aBolivie, dans lesquelles un gouvernement inattentif ° uprévaricateur a laissé introduire une proportion d’alli a £ ebeaucoup plus forte que celle qu’autorisait la loi, a cbas 8 ^du Pérou les piastres nationales qui étaient régulièren^ 0 *fabriquées.

Sir Thomas Gresham donna l’explication du phénO"mène dans une lettre qu’il adressa à la reine Élisabeth)lorsqu’il eut reçu d’elle la mission de se rendre dans l eSPays-Bas pour y négocier un emprunt. 11 lui recommaU'dait, comme une conséquence du raisonnement qu’il l ulprésentait, de retirer de la circulation les espèces altère*