LA MONNAIE. SECTION X, CHAPITRE I. 355
rapport avec le taux usuel des profits dans le pays.
Par rapport aux deux métaux précieux, la formulesuivant laquelle la valeur se règle par le montant des fraisde production est loin d’être toujours applicable; il y a eudes époques où il s’en fallait de beaucoup. C’était le cas,il y a plusieurs siècles, lorsque l'exploitation des minesétait devenue insignifiante; aujourd’hui il y a lieu decroire que, par rapport à l’or au moins, ce n’est pas cellequ’il faudrait admettre.
La formule qui fait dépendre la valeur du rapport entrel’offre et la demande est toujours de mise. La masseofferte sur le marché est extrêmement grande, puisqu’ellese compose principalement de la monnaie en circulation ,qui, à ce titre, est tout entière à l’état d’offre; la massedemandée est énorme aussi, car cette même monnaie encirculation est à l’état de demande et d’offre en mêmetemps. On peut donc tenir pour certain que, dans les cir-constances ordinaires, chez les peuples civilisés, la valeurde l’or et de l’argent est peu sujette à varier pendant ledélai qui répond aux transactions habituelles, et mêmeque, d’une année à la suivante et à celles qui viennentimmédiatement après, les changements sont très-bornés.On arriverait ù la même conclusion, dans les circonstan-ces ordinaires (et ce ne sont pas celles où nous nous trou-vons), en partant de la formule qui assigne pour base à lavaleur le montant des frais de production ; car, ordinai-rement, pour les mines les plus importantes, considéréesn °n isolément, mais dans leur ensemble, le bloc de cesfrais varie peu habituellement, pendant un laps de tempsquelques années.
0n n’en est pas moins fondé à soutenir que les métauxprécieux ne sont pas d’une valeur fixe ; que des accidentsP° ‘tiques et commerciaux peuvent leur faire éprouveres variations très-sensibles; que la découverte de mines