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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION X, CHAPITRE II. 371

se le procurer, il fallut donner successivement enargent le double, puis le triple et, avec le temps, plusencore. Toutes les denrées éprouvèrent de même unehausse analogue dans leurs prix, puisque le prix d’unobjet est la quantité d’or ou d’argent contre laquelle ils échange. Il paraît que le changement se révéla presquesubitement après la première moitié du seizième siècle,Parce que ce fut à ce moment que tout d’un coup laproduction de l’argent, qui était en Europe la monnaiela plus courante, devint surprenante d’abondance et defacilité dans le Nouveau-Monde; les affleurements desfilons du Potosi étaient d’une richesse exceptionnelle.

Par l’effet de cette baisse de l’argent et de l’or, toutePersonne dont le revenu consistait en une redevance fixed’argent ou d’or fut appauvrie. Les débiteurs, en suppo-sant qu’ils eussent un très-long délai pour se libérer ouqu’ils ne dussent qu’une rente, s’acquittèrent avec unequantité de métal qui représentait une quantité de travail°u de jouissances beaucoup moindre que ce qu’on avaitPu prévoir à l’origine des engagements. Les fermiers, danses pays où ils avaient des baux à très-long terme et où ilsPayaient en argent, firent des profits extraordinaires; ce111 ainsi que, dans la Grande-Bretagne, se forma laRichesse d’une fraction du tiers état. Il faut lire^ a ns les récits contemporains le désappointement des uns,satisfaction des autres, la stupéfaction de lous, car one distinguait pas la cause du changement dont on était,

°u la position qu’on occupait, la victime ou le béné-

uciaire.

Jacob (1) a cité, comme un des curieux documents^ époque, au sujet des métaux précieux, les ser-s Pochés par l’évêque Latimer devant le roi d’Angle-

On th e Predous Metals, t. 11, p. 77.