LA MONNAIE. SECTION X, CHAPITRE IV. 405
qui passe par la Sibérie (1). C’est aux dépens de la Chinequ’avait lieu cette modification des tendances commer-ciales consacrées par le temps; je veux dire que c estcette vaste contrée qui, au lieu de recevoir de 1 argent, en
rendait.
Après 1830, la sortie des métaux précieux de la Chinedevint très-manifeste. M. Morrison, dans son Guide com-mercial en Chine , estime que, de 1830 à 1834, l’exportationdes métaux précieux du Céleste-Empire a été environ huitfois plus grande que l’importation. Pour 1836, M. Mac-fulloch évalue l’exportation à plus de trois millions depiastres, tandis que l’importation aurait été-de moinsd’un million. Un autre écrivain anglais, M. Thom, calculequ’en 1842, l’importation étant d’un million de piastres,l’exportation aurait excédé onze millions (2).
Autrefois les Chinois semblaient répugner à se dessaisirau profit des étrangers, de leur argent saï-si (lingots demétal pur), quoique, au dire des voyageurs, ils soientexempts du préjugé, si enraciné dans notre Occident,qui fait considérer les métaux précieux avec une prédilec-tion particulière : h leurs yeux, c’est une marchandise sem-blable aux autres. Depuis qu’ils se sont pris d’un goût pro-noncé pour l’opium, ils donnent avec empressement leurar gent, malgré les obstacles suscités par la cour de Pékin.
commerce s’est agrandi extraordinairement. D’après lesrenseignements qu’a bien voulu me communiquer M. Na-ta üs Rondot, la vente de l’opium, qui n’était, avant 1830,que de quelques milliers de caisses (de 5,000 à 7,000),^Rût montée, vers 1848, à 42,000, et cet article se payaitPresque entièrement en argent. A 3,500 fr. la caisse, on
0) On the Precious Metab, t. II, p. 320.
' Xoir Étude, pratique du commerce d’exportation de la Chine, puraier ^d. Bernard, A. Haussmann cl N. Rondot, délégués com-
’ciaux, revue et complétée par M. N. Rondot, pag. 19.