LA. MONNAIE. SECTION XI, CHAPITRE I. 435
Les croisades avaient contribué à l’enchérissement desmétaux précieux en faisant porter au dehors une partiede l’argent et de l’or que possédait la société ; les échangesavec l’Inde, pays des épices, dont on ne payait les pro-ductions qu’avec de l’argent, y étaient aussi pour quel-que chose.
Entre l’âge de Solon et celui de Démosthènes, l'his-toire signale à Athènes, sous l’influence d’une cause sem-blable à celle qu’on vit agir en Europe après la décou-verte de l’Amérique, un changement du même genreque celui qui éclata parmi les nations européennes, àpartir du milieu du seizième siècle. L’or et l’argent de-vinrent plus abondants ; on se les procurait à moins defrais, et dans une proportion qui correspondait à la de-mande, par l’exploitation des mines ou par les échangesavec l’Asie ; cette abondance relative se traduisit par cefait que le prix du blé devintenviron cinq fois plus grand.
Par la même raison, le même effet se produisit à Rome,dans l’intervalle qui sépare la fondation de la ville dusiècle où parurent Sylla, Pompée, César.
Il n'est pas douteux que la quantité d’or ou d’argentcontre laquelle s’échangeaient les denrées nè fût beau-coup plus grande en Grèce, du temps de Périclès ou deDémosthènes, et, à Rome, sous les Césars, qu’elle ne leLd ensuite en Europe, pendant le moyen-âge. On n’estcependant pas d'accord sur l’étendue de la variation.Pour nous borner à une seule denrée, la plus importantede toutes, des opinions fort différentes ont été émises surprix du blé chez les peuples anciens, à un momentdonné. D’abord on a été longtemps cà s’entendre sur les
^•traduction de la Richesse des Nations. 11 résulterait de l’écrit d’Arthur^ ^ ue ' a main d’œuvre n’aurait pas suivi les mouvements en baisseprix du blé. Elle se serait échangée au contraire contre une quantitéUsante d’argent.