LA MONNAIE. SECTION XI, CHAPITRE IV.
1856 .
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15.9
Ces variations, on le voit, sont plus accusées que celles ,qu’on peut signaler dans l’Europe moderne. Il faut no-ter que les différents marchés du vaste empire de la Chinesont, en cette matière comme en toutes les autres, beau-coup plus discordants que ceux de l’Europe, même appar-tenant à des États divers. Il paraît qu’en 1810 à Canton,l’or n’aurait valu que 10 fois l’argent. A une époquebeaucoup plus reculée, vers la fin du treizième siècle(1285), le rapport entre les deux métaux aurait étéde même de 1 à 10, et moins d’un siècle après, en 1375,il n’aurait plus été que de 1 à 4. Ce sont des varia-tions dont nous n’avons pas l’idée en Europe. Un rap-port tel que celui de 1 à 4, s’il a subsisté quelque temps,suppose ce qui existait alors, la clôture à peu près hermé-tique de la Chine. Par cela seul que la Chine était sansrelations commerciales avec l’Europe, il n’y avait pas deraison pour que la valeur de l’or par rapport à l’argentchez les Occidentaux exerçât quelque influence sur leCéleste-Empire.
De nos jours, cet effet de l’isolement s’est retrouvé,pour le rapport entre l’or et l’argent, à un degré extrême,chez un peuple voisin de la Chine. L’empire du Japonava h jusqu’à ces derniers temps maintenu pleinement sonexistence solitaire. Mais nous sommes à une époque oùUne pareille séquestration d’un peuple entier est impos-ée. L a i) arr ière qui séparait le Japon des nations occi-dentales a donc été rompue. Une des curiosités qu’on a^connues, après avoir forcé ainsi les portes de la civilisa—l °R japonaise, c’est que l’or y avait, auprès de l’argent,