636 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
surtout à l’usage des maisons de commerce qui jugeaientcommode d’avoir un agent chez lequel s’effectuât le mou-vement d’entrée et de sortie des fonds, et qui eût la respon-sabilité de leur encaisse, quelquefois fort important : lamasse du public, les personnes d’un revenu médiocre nes’y livraient pas, et ne pouvaient s'y livrer. L’inconvé-nient de ne recevoir aucun intérêt des fonds déposés nechoquait guère la classe qui formait la clientèle desbanquiers. Il fallait bien que ceux-ci eussent quelque ré-munération de la peine qu’ils prenaient et du servicequ’ils rendaient en prêtant leurs bureaux et le travail deleurs commis, et en se soumettant à la responsabilité qniincombe au dépositaire ; car ces banquiers ne touchaientaucune commission sur les opérations de payement onde recette qu’ils effectuaient, et le profit qu’ils pouvaientobtenir, en faisant valoir les fonds qui leur avaient étéconfiés, était limité par l’obligation où ils étaient derembourser les dépôts, sur des chèques ou autrement,la volonté du déposant.
On posait en principe, à cette époque, dans le mondefinancier de Londres, qu’il était impossible de servir unintérêt sur les dépôts, sans se ruiner. En 1832, un desbanquiers les plus distingués delà Cité (M. Glyn), appelédevant le comité parlementaire qui faisait une enquêt emotivée par l’expiration imminente de la Charte de l aBanque d’Angleterre , s’exprimait ainsi : « Il y a ^« banques particulières à Londres. Elles reçoivent des dé-« pôts sur lesquels elles ne payent pas d’intérêt. Le systèm e« de service des intérêts sur les dépôts en compte courant« a été autrefois essayé à Londres, mais les maisons q ul« sont entrées dans ce système ont toutes fait faillite- »
M. Glyn expliquait l’insuccès qu’on avait eu, à Lon'dres, de la manière suivante :
« Les dépôts gardés par les banquiers (ou caissiers) d®