654 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
les engagements de commerçant à commerçant, et jus-qu’à présent consacrée exclusivement à cet emploi dansla plupart des pays, la lettre de change en a reçu quel-quefois un plus général. En Angleterre, dans quelquescomtés , il y a un demi-siècle , les particuliers s’enservaient pour payer leurs fournisseurs ; on les faisait ensommes rondes de 10 liv. sterl., ou de 15 ou de 20. C’étaitle cas dans le Lancashire (t). L’impôt du timbre sur leslettres de change ayant été augmenté, le public préfé*‘ ales billets de banque, soit à vue, soit à courte échéance(i bank-post-bills ) (2).
Dans l'ensemble des payements commerciaux qui s’ac-complissent au sein du" Royaume-Uni, la lettre de changeaune action tellement vaste, que celle du billet de banquelui-même l’est certainement moins. Un relevé, passable'ment conjectural à la vérité, qu’un banquier anglaisM. Leatham, avait dressé, en raisonnant sur le produitdu droit de timbre de ces effets, portait à 528 md'lions sterling (280,000,000 fr.) la masse des lettres dechange qui avait été mise en circulation dans l’année1839. L’accroissement était continu; depuis 1832, détait moyennement de 24 millions sterling (604 million 5de francs) par an. Fait plus intéressant peut-être, lemoU'tant des lettres de change en circulation simultanémentà un instant donné de 1839, aurait été, d’après les mêru eScalculs, de 132 millions sterling (3 milliards 320 millio DSde francs) en moyenne : sous ce rapport, l’accroissenien^annuel moyen aurait été, depuis 1832, de plus de 150 nid'lions de francs.
(1) Témoignage de M. Louis Loyd, banquier à Manchester, l° rSl’enquête de 1819, à la chambre des Lords, sur la reprise des paye 1 2 ® 6en espèces.
(2) Les bank-post-bills ne forment qu’une petite fraction de l’émi ssltotale delà Banque d’Angleterre. Us sont à sept jours d’échéance.